Plaidoyer pour une utilisation responsable de l’IA - Edilex

Il est indéniable que l’intelligence artificielle (ci-après « IA ») a un immense potentiel pour les industries et les organismes de tous genres. En fait, l’IA est excellente pour remplacer l’humain là où il ne peut exceller. C’est le cas, notamment, pour les processus d’assurance qualité, la planification des opérations et l’automatisation de certaines procédures. Quand il est question de calculer et d’analyser simultanément de nombreuses variables, la machine sera toujours plus précise et efficace. En règle générale, les technologies d’IA sont surtout rentables lorsqu’elles sont appliquées aux processus qui sont très payants ou à ceux qui sont très coûteux et font perdre des profits aux industries ou aux organismes. Bien utilisée, l’IA a donc le potentiel de faciliter la création de nouveaux produits et services, qui sont plus accessibles, moins coûteux et plus personnalisés, d’améliorer les soins de santé, d’accroître l’efficacité des services de transports et bien plus encore.

Toutefois, bien que les technologies d’IA possèdent énormément de potentiel, comme décrit ci-dessus, elles peuvent aussi avoir des effets non intentionnels et néfastes sur les droits de la personne, comme le droit à la vie privée, la liberté d’expression ou la liberté de circulation, quand elles sont utilisées pour la prise de décisions automatiques ou l’établissement de profils. En effet, l’ONU a récemment appelé à la prudence en ce qui concerne certaines technologies d’intelligence artificielle, comme la reconnaissance faciale, le temps de réfléchir aux meilleurs moyens d’assurer la protection des droits de la personne[1].

Le dysfonctionnement de certaines technologies de l’intelligence artificielle causé par l’intégration, généralement subconsciente, de préjugés ou de notions discriminatoires à ces technologies, peut mener à des décisions qui violent les droits et libertés de certains citoyens et qui demeurent difficiles à justifier auprès de ces derniers. De plus, l’utilisation de ces technologies mène à la création d’importantes bases de données, dont la constitution, la gestion, la protection et la mise à jour demeurent opaques et soulèvent bien de questions. L’accès à ces données et leur contrôle demeurent des sujets très préoccupants à l’heure actuelle.

Il n’est plus question de savoir quand cette révolution technologique se produira. C’est déjà chose du passé. Il est donc impératif à présent d’adopter une réflexion critique sur son développement et son utilisation pour s’assurer que tous puissent en bénéficier de façon éthique.

 

[1] https://www.lesaffaires.com/techno/internet/intelligence-artificielle-l-onu-appelle-a-la-prudence/627196.