<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>edilexpress &#187; marché public</title>
	<atom:link href="http://www.edilex.com/edilexpress/index.php/tag/marche-public/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.edilex.com/edilexpress</link>
	<description>La norme des affaires</description>
	<lastBuildDate>Thu, 15 Dec 2011 07:05:32 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.9.1</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>Regard pratique sur l&#8217;appel d&#8217;offres : intérêts divergents des donneurs d&#8217;ouvrage et des entrepreneurs</title>
		<link>http://www.edilex.com/edilexpress/index.php/regard-pratique-sur-lappel-doffres-interets-divergents-des-donneurs-douvrage-et-des-entrepreneurs-me-benoit-roussy/</link>
		<comments>http://www.edilex.com/edilexpress/index.php/regard-pratique-sur-lappel-doffres-interets-divergents-des-donneurs-douvrage-et-des-entrepreneurs-me-benoit-roussy/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 11 Oct 2005 17:33:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Me Benoît Roussy</dc:creator>
				<category><![CDATA[appel d'offres]]></category>
		<category><![CDATA[marché public]]></category>
		<category><![CDATA[soumission]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://dev.edilex.com/lawpress/?p=261</guid>
		<description><![CDATA[Note de Lauteur1
I- L&#8217;appel d&#8217;offres
II- La soumission pour l&#8217;entrepreneur
III- La pré-qualification
IV- La demande de proposition
V- L&#8217;appel d&#8217;offres et ses conséquences
VI- La sanction judiciaire
Conclusion
I-                                 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="texte" style="text-align: justify;">Note de Lauteur<sup class='footnote'><a href='#fn-261-1' id='fnref-261-1'>1</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">I- L&#8217;appel d&#8217;offres<br />
II- La soumission pour l&#8217;entrepreneur<br />
III- La pré-qualification<br />
IV- La demande de proposition<br />
V- L&#8217;appel d&#8217;offres et ses conséquences<br />
VI- La sanction judiciaire<br />
Conclusion</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>I-                                  L&#8217;appel d&#8217;offres</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="texte">La réalité                                  bien concrète de l&#8217;appel d&#8217;offres pour                                  un donneur d&#8217;ouvrage se situe, il faut bien le                                  reconnaître, en presque totalité                                  autour de la recherche du maximum à un                                  prix minimum. Le donneur d&#8217;ouvrage désire,                                  bien sûr, réaliser le meilleur projet                                  possible, que ce soit une bonne usine, une bonne                                  centrale hydroélectrique, un immeuble prestigieux,                                  dans les limites, pour ne pas dire les contraintes,                                  budgétaires qui sont souvent fixées                                  par d&#8217;autres.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="texte">Du côté                                  du donneur d&#8217;ouvrage ou propriétaire, la                                  préparation d&#8217;un projet de construction                                  s&#8217;étend parfois sur des années au                                  cours desquelles on aura étudié                                  la faisabilité physique et la rentabilité                                  du projet, à partir de données topographiques                                  ou géologiques minimales. On passera ensuite                                  à une élaboration plus détaillée                                  de l&#8217;envergure du projet, à l&#8217;occasion                                  de laquelle s&#8217;ajouteront plusieurs renseignements                                  d&#8217;ordre géologique, technique, esthétique                                  et financier qui provoqueront l&#8217;intervention d&#8217;un                                  nombre équivalent d&#8217;experts et de professionnels                                  des plus variés et spécialisés.</span></p>
<p style="text-align: justify;">Le donneur d&#8217;ouvrage verra donc à préparer                                  l&#8217;appel d&#8217;offres avec grand soin et minutie.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Les conditions d&#8217;exécution,                                  telles la proximité d&#8217;installations susceptibles                                  d&#8217;endommagement, de services souterrains, ou encore                                  de conditions environnementales particulières                                  et potentiellement coûteuses, feront l&#8217;objet                                  de clauses dans les Conditions générales                                  ou particulières rendant l&#8217;entrepreneur                                  responsable mais seront, quant aux détails                                  précis de leur présence, de leur                                  importance, ou même de leur localisation,                                  minimisées et, parfois même, ignorées.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Il                                  est intéressant de noter, par exemple,                                  l&#8217;article 2102 C.c.Q. qui impose une obligation                                  de renseignements à l&#8217;entrepreneur seulement                                  et non au propriétaire, alors que deux                                  ans avant l&#8217;entrée en vigueur du nouveau                                  Code civil, la Cour Suprême du Canada avait                                  énoncé, en termes on ne peut plus                                  clairs, une obligation de renseignements pour                                  le propriétaire donneur d&#8217;ouvrage<sup class='footnote'><a href='#fn-261-2' id='fnref-261-2'>2</a></sup> 2 R.C.S. 554.].</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Le donneur d&#8217;ouvrage est dorénavant                                  tenu de fournir dans ses documents d&#8217;appel d&#8217;offres                                  des renseignements suffisants pour permettre à                                  l&#8217;entrepreneur de s&#8217;engager dans le contrat de                                  construction en pleine connaissance de cause.                                  Pour le plus haut tribunal du pays, le contrat                                  pour grands travaux, dans lequel le donneur d&#8217;ouvrage                                  se réserve le droit de faire des changements,                                  devient un contrat en formation continue, de sorte                                  que l&#8217;obligation de fournir des renseignements                                  pertinents et suffisants à l&#8217;entrepreneur                                  se renouvelle à l&#8217;occasion de chaque changement;                                  la Cour emploie l&#8217;expression &laquo;&nbsp;Aventure commune                                  en sol inconnu&nbsp;&raquo; pour les deux parties et                                  voit la divulgation candide d&#8217;information comme                                  une application de la règle fondamentale                                  de la bonne foi, qui doit dominer la relation                                  contractuelle, depuis sa naissance jusqu&#8217;à                                  son expiration.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">La                                  Cour d&#8217;Appel du Québec a, en quelque sorte,                                  fermé la boucle en ajoutant, en 1999, que                                  si le propriétaire ou donneur d&#8217;ouvrage                                  a l&#8217;obligation de fournir les renseignements suffisants                                  à l&#8217;entrepreneur, il a donc l&#8217;obligation                                  de les obtenir<sup class='footnote'><a href='#fn-261-3' id='fnref-261-3'>3</a></sup>.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Le donneur d&#8217;ouvrage ne peut donc                                  plus se contenter de faire porter le risque des                                  conditions de sol ou des conditions d&#8217;exécution                                  sur l&#8217;entrepreneur en lui révélant                                  qu&#8217;il n&#8217;a pas procédé aux études                                  techniques ou aux études de sol suffisantes.                                  Notre Cour d&#8217;Appel lui impose d&#8217;y voir et, cela,                                  pour des raisons bien évidentes en raison                                  du déséquilibre technique, financier                                  et temporel qui existe entre ces deux intervenants                                  et dont nous reparlerons.</p>
<p class="soustitrebleu" style="text-align: justify;"><strong>II-                                  La soumission pour l&#8217;entrepreneur</strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Les grands travaux sont devenus                                  de plus en plus pour les entrepreneurs des coups                                  de dés où le sort de l&#8217;entreprise                                  se joue souvent en quelques semaines, sinon en                                  quelques secondes, à la toute dernière                                  minute lorsque, après étude des                                  documents d&#8217;appel d&#8217;offres, l&#8217;entrepreneur appose                                  un prix forfaitaire pour l&#8217;exécution des                                  travaux décrits dans ces mêmes documents.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Le but recherché pour l&#8217;entrepreneur                                  qui répond à un appel d&#8217;offres,                                  dans le monde compétitif, dans lequel il                                  évolue, consiste essentiellement à                                  évaluer de façon aussi juste que                                  possible la quantité de travaux et le prix                                  qu&#8217;il en coûtera pour les exécuter                                  et d&#8217;y ajouter un montant pour frais d&#8217;administration,                                  frais de siège social et profit suffisants                                  pour assurer la survie de l&#8217;entreprise.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">L&#8217;entrepreneur doit donc évaluer                                  avec justesse les quantités d&#8217;ouvrage montrées                                  aux plans. Il s&#8217;agit d&#8217;une véritable course                                  à obstacles, puisque le langage des plans                                  est souvent ambigu, sinon contradictoire, alors                                  que les devis sont farcis de clauses qui font                                  peser sur l&#8217;entrepreneur le fardeau d&#8217;avoir bien                                  compris, non seulement la quantité des                                  ouvrages, mais aussi le type de matériaux                                  exigés ainsi que les tâches et travaux                                  qui, bien que n&#8217;étant pas spécifiquement                                  montrés, seront considérés                                  comme partie des ouvrages incluses au contrat.                                  Ajoutons à cela que très souvent                                  les devis sont ambigus et forcent l&#8217;entrepreneur                                  à des interprétations dont la justesse                                  sera laissée à l&#8217;appréciation                                  du concepteur généralement placé                                  en situation de conflit d&#8217;intérêts                                  face au propriétaire son mandant.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">On comprend facilement toute l&#8217;importance                                  qu&#8217;il faut accorder à la justesse et à                                  la qualité de l&#8217;information contenue aux                                  documents d&#8217;appel d&#8217;offres, puisque le processus                                  d&#8217;évaluation et d&#8217;appréciation,                                  auquel s&#8217;adonne le soumissionnaire, doit être                                  réalisé en quelques semaines à                                  peine, qui impliqueront l&#8217;analyse de documents                                  complexes rédigés par divers experts                                  dans les domaines variés dont nous avons                                  parlé plus haut.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Le déséquilibre entre                                  entrepreneurs et donneurs d&#8217;ouvrage est devenu                                  une réalité qui prendra une ampleur                                  singulière durant l&#8217;exécution des                                  travaux, alors que le donneur d&#8217;ouvrage déploiera                                  sur le site une véritable armée                                  de mesureurs, d&#8217;inspecteurs, de superviseurs et                                  de contrôleurs qui veilleront à garantir                                  une exécution conforme aux plans et devis                                  et aux règles de l&#8217;art et détecteront                                  le moindre écart. Le contrat accordera                                  aussi à ces gens des pouvoirs décisionnels                                  presque infinis et placeront l&#8217;entrepreneur véritablement                                  à leur merci.</p>
<p class="soustitrebleu" style="text-align: justify;"><strong>III-                                  La pré-qualification</strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Certains grands donneurs d&#8217;ouvrage,                                  surtout ceux impliqués dans les produits                                  de transformation, soit du secteur primaire ou                                  du secteur secondaire, les propriétaires                                  d&#8217;usine de pétrochimie, de pulpe et papier,                                  de communications, procèdent, avant l&#8217;émission                                  d&#8217;un appel d&#8217;offres, à la pré-qualification                                  des entrepre¬neurs. Ces donneurs d&#8217;ouvrage                                  veulent s&#8217;assurer à l&#8217;avance de la capacité                                  financière des entrepreneurs qui seront                                  appelés à soumissionner pour des                                  travaux généralement de très                                  grande envergure — on parle souvent de centaines                                  de millions de dollars — il veulent aussi                                  vérifier l&#8217;expérience des éventuels                                  soumissionnaires dans le type d&#8217;ouvrage qu&#8217;ils                                  se proposent d&#8217;exécuter, l&#8217;équipement                                  dont ils disposent et, généra¬lement,                                  la réputation de l&#8217;entreprise, puisque                                  la pré-qualification impliquera de divulguer                                  au donneur d&#8217;ouvrage les projets antérieurs                                  réalisés par l&#8217;entreprise.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Il arrive malheureusement qu&#8217;à                                  l&#8217;occasion de cette pré-qualification,                                  certains entrepreneurs seront exclus de la liste                                  des entrepreneurs invités à soumissionner,                                  s&#8217;ils sont ou ont été impliqués                                  dans des disputes, non pas seulement avec l&#8217;entreprise                                  propriétaire du projet, mais avec les grands                                  bureaux d&#8217;étude appelés à                                  gérer la construction. On éliminera                                  l&#8217;entrepreneur qui a été impliqué                                  dans un arbitrage ou dans un procès, dans                                  lequel il réclame ce qu&#8217;il croit lui être                                  dû en raison, soit des conditions de sol                                  imprévues ou soit des changements imposés                                  par le donneur d&#8217;ouvrage, ou encore des conditions                                  d&#8217;exécution et des difficultés imprévues                                  lors de projets antérieurs.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Le processus de pré-qualification                                  peut paraître en théorie un excellent                                  moyen de choisir les soumissionnaires offrant                                  les critères de compétence de solvabilité                                  et d&#8217;expérience requis pour l&#8217;exécution                                  de l&#8217;ouvrage, il peut aussi devenir un moyen d&#8217;ostracisme                                  basé à l&#8217;occasion, et malheureusement                                  d&#8217;ailleurs, sur le conflit de personnalités.</p>
<p class="soustitrebleu" style="text-align: justify;"><strong>IV-                                  La demande de proposition</strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">La dernière décennie                                  a connu une certaine progression du phénomène                                  de la demande de proposition aux entrepreneurs                                  pour l&#8217;exécution de projets dits &laquo;&nbsp;clés                                  en mains&nbsp;&raquo; ou autre forme de design-construction.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">La formule peut varier à                                  l&#8217;infini selon l&#8217;approche du donneur d&#8217;ouvrage                                  et le genre d&#8217;appel d&#8217;offres proposé. Malgré                                  la diversité des formules utilisées,                                  on peut généraliser en les ramenant                                  à une même réalité,                                  savoir que le donneur d&#8217;ouvrage entend confier,                                  soit la totalité, soit une partie de la                                  conception de l&#8217;ouvrage à l&#8217;entrepreneur.                                  Le design-construction complet ou général                                  implique que le donneur d&#8217;ouvrage énonce                                  dans une proposition, qui prend souvent la forme                                  d&#8217;un devis de performance, la nature ou le type                                  de projet, ou encore le résultat qu&#8217;il                                  recherche, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;unités d&#8217;un                                  produit particulier comme des lingots d&#8217;aluminium,                                  des feuilles d&#8217;acier laminé, des pneus,                                  des litres de pétrole, ou d&#8217;un nombre de                                  véhicules, les possibilités sont                                  infinies. L&#8217;entrepreneur devra évidemment                                  comprendre la nature et les caractéristiques                                  de l&#8217;ouvrage ou la performance précise                                  requise par le propriétaire, de même                                  que la quantité et la qualité du                                  produit recherché.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Ce type d&#8217;appel d&#8217;offres existe                                  pour une infinie variété de projets,                                  de même qu&#8217;une infinie variété,                                  quant à l&#8217;ampleur de la conception ou du                                  design exigé de l&#8217;entrepreneur. Diverses                                  enquêtes menées par nos voisins du                                  Sud, révèlent que la formule est                                  considérée très favorablement                                  par les propriétaires à qui elle                                  procure un projet réalisé à                                  l&#8217;intérieur du budget et de la cédule                                  et une réduction sensible des réclamations.                                  Les mêmes enquêtes semblent révéler                                  un degré élevé de satisfaction                                  pour les entrepreneurs-concepteurs. On estime                                  que d&#8217;ici l&#8217;année 2005, 50% des grands                                  projets de construction en Amérique du                                  Nord seront réalisés selon la formule                                  design-construction, aussi appelée &laquo;&nbsp;clés                                  en mains&nbsp;&raquo;. Dans le domaine du transport routier,                                  par exemple, les gouvernements trouvent avantage                                  dans la formule dite &laquo;&nbsp;Procure Operate and                                  Transfer&nbsp;&raquo; (POT) par laquelle l&#8217;entrepreneur                                  conçoit l&#8217;ouvrage, l&#8217;opère pendant                                  un certain temps et le remet au propriétaire                                  après un délai défini durant                                  lequel il aura pu réaliser le coût                                  de son investissement et son profit.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">On connaît aussi la demande                                  de proposition de fournir un produit spécialisé                                  dans le cadre d&#8217;un projet de type standard selon                                  plans et devis. Ce type de proposition s&#8217;adresse                                  très souvent à des sous-entrepreneurs                                  spécialisés, par exemple en toiture,                                  en revêtement étanche ou en système                                  de communication ou de contrôle, qu&#8217;il s&#8217;agisse                                  de laboratoires, d&#8217;usines ou d&#8217;autres installations                                  industrielles des types les plus diversifiés.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Sans, pour le moment, entrer dans                                  les détails, on voit tout de suite que                                  l&#8217;appel d&#8217;offres par voie de proposition élargit                                  de façon relativement incontrôlable                                  les paramètres de sélection de la                                  meilleure soumission; il ne peut plus être                                  question d&#8217;accorder le contrat au plus bas soumissionnaire                                  conforme selon la formule que nous connaissons.                                  Le propriétaire se réserve d&#8217;évaluer                                  la proposition et son proposeur, pour en retenir                                  celle et celui qui répond le mieux à                                  ses attentes.</p>
<p class="soustitrebleu" style="text-align: justify;"><strong>V-                                  L&#8217;appel d&#8217;offres et ses conséquences</strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Au Québec, diverses législations                                  imposent à différents organismes                                  publics tels les municipalités, les commissions                                  scolaires, les établisse¬ments d&#8217;éducation                                  et les organismes reliés aux services de                                  santé, d&#8217;accorder le contrat au plus bas                                  soumissionnaire conforme. Il faut dire qu&#8217;au Québec,                                  on avait historiquement refusé d&#8217;accorder                                  quelque dommage au soumissionnaire plus bas conforme                                  frustré du contrat, à moins qu&#8217;il                                  ne soit en mesure de prouver fraude, malversation,                                  discrimination ou mauvaise foi de la part du donneur                                  d&#8217;ouvrage.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Une                                  première phase d&#8217;évolution a vu                                  le donneur d&#8217;ouvrage tenu responsable délictuellement,                                  c&#8217;est-à-dire extracontractuellement, envers                                  le soumissionnaire qui avait fait la preuve, non                                  plus de la mauvaise foi ou de la fraude, mais                                  d&#8217;un comportement déraisonnable ne correspondant                                  pas aux normes de diligence et de comportement                                  acceptable dans notre société libre                                  et démocratique<sup class='footnote'><a href='#fn-261-4' id='fnref-261-4'>4</a></sup>.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Une                                  seconde évolution s&#8217;est produite par laquelle                                  on a vu les tribunaux en arriver à une                                  responsabilité directe de nature contractuelle                                  du donneur d&#8217;ouvrage qui ne respecte pas les règles                                  énoncées à l&#8217;appel d&#8217;offres.                                  Le propriétaire qui lance un appel d&#8217;offres                                  est maintenant considéré comme engagé                                  envers les soumissionnaires et il sera tenu d&#8217;agir                                  en respect des règles qu&#8217;il a énoncées                                  dans le document d&#8217;appel d&#8217;offres, à défaut                                  de quoi il sera condamné aux dommages en                                  faveur du soumissionnaire le plus bas conforme,                                  s&#8217;il fait défaut de contracter avec lui                                  pour des motifs valables et respectueux des dispositions,                                  conditions et stipulations énoncées                                  dans les documents d&#8217;appel d&#8217;offres<sup class='footnote'><a href='#fn-261-5' id='fnref-261-5'>5</a></sup>.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">De                                  tout cela, il faut donc conclure que le donneur                                  d&#8217;ouvrage qui lance un appel d&#8217;offres devra dorénavant                                  s&#8217;en tenir aux propositions qu&#8217;il énonce                                  et aux conditions et dispositions du document                                  qu&#8217;il présente. Certaines décisions                                  énoncent le principe du &laquo;&nbsp;level playing                                  field&nbsp;&raquo;<sup class='footnote'><a href='#fn-261-6' id='fnref-261-6'>6</a></sup>. Nos                                  tribunaux québécois ont aussi énoncé,                                  à l&#8217;occasion de nombreuses décisions                                  en rapport avec les règles du BSDQ, qu&#8217;il                                  ne peut être question de judiciariser à                                  outrance le processus d&#8217;appel d&#8217;offres; il faudra                                  donc faire preuve de jugement et apprécier                                  l&#8217;importance des gestes posés par le donneur                                  d&#8217;ouvrage dans le choix du soumissionnaire à                                  qui il accordera le contrat. On a décidé                                  que le donneur d&#8217;ouvrage qui refuse une soumission                                  comportant certaines omissions au bordereau des                                  prix ne pourra en accepter une comportant la même                                  omission. Si le propriétaire décide                                  de passer outre des erreurs, omissions ou anomalies                                  mineures, le tribunal examinera alors si le comportement                                  du propriétaire donneur d&#8217;ouvrage est raisonnable                                  et respectueux des règles contenues dans                                  les documents d&#8217;appel d&#8217;offres. On refusera au                                  donneur d&#8217;ouvrage de passer outre une règle                                  par laquelle il avait énoncé une                                  série d&#8217;omissions qu&#8217;il qualifiait lui-même                                  de fatales comme, par exemple, le défaut                                  de fournir un cautionnement ou dépôt                                  de soumission. L&#8217;appel d&#8217;offres qui énonce                                  clairement et spécifiquement que toute                                  soumission reçue après telle heure,                                  à telle date, sera &laquo;&nbsp;automatiquement                                  rejetée et ne sera pas considérée&nbsp;&raquo;,                                  ne pourra pas accepter une soumission déposée                                  en retard. Si, par ailleurs, le document d&#8217;appel                                  d&#8217;offres était silencieux à cet                                  égard, on a pardonné au propriétaire                                  d&#8217;avoir accepté une soumission même                                  en retard de quelques heures, tant et aussi longtemps                                  que le processus d&#8217;ouverture des soumissions n&#8217;avait                                  pas été entamé.</p>
<p class="soustitrebleu" style="text-align: justify;"><strong>VI-                                  La sanction judiciaire</strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Les tribunaux québécois                                  ont systématiquement refusé d&#8217;accorder                                  une injonction contre le donneur d&#8217;ouvrage au                                  cas de défaut de sa part d&#8217;accorder le                                  contrat au plus bas soumissionnaire conforme.                                  Il faut retenir ici qu&#8217;au Québec, l&#8217;injonction                                  est considérée comme un recours                                  exceptionnel dont le but fondamental est d&#8217;empêcher                                  la création d&#8217;une situation qui ne pourra                                  pas être rectifiée par le jugement                                  final et ne peut être accordée qu&#8217;en                                  l&#8217;absence de tout autre remède adéquat<sup class='footnote'><a href='#fn-261-7' id='fnref-261-7'>7</a></sup>.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">L&#8217;entrepreneur privé d&#8217;un                                  contrat qui aurait dû lui être octroyé                                  n&#8217;aura droit qu&#8217;à des dommages-intérêts                                  qui seront essentiellement quantifiés sur                                  la base du profit net dont il a été                                  privé par le défaut du donneur d&#8217;ouvrage.                                  Certaines décisions accordent aussi une                                  perte à gagner équivalant aux frais                                  d&#8217;administration et de siège social que                                  l&#8217;exécution du contrat permettait de récupérer,                                  et encore à condition que l&#8217;entrepreneur                                  fasse la preuve du montant exact contenu dans                                  le prix fourni en réponse à l&#8217;appel                                  d&#8217;offres.</p>
<p class="soustitrebleu" style="text-align: justify;"><strong>Conclusion</strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">On voit donc que les parties impliquées                                  dans le processus d&#8217;appel d&#8217;offres et de soumissions                                  ont au départ une approche et des intérêts                                  fort divergents. Le propriétaire, qu&#8217;il                                  soit donneur d&#8217;ouvrage directement ou par la voie                                  de professionnels conseils en ce domaine, dispose                                  d&#8217;un arsenal imposant qui lui permet de prendre                                  tout le temps requis pour élaborer soigneusement                                  les paramètres du projet qu&#8217;il entend réaliser                                  et préparer la documentation qu&#8217;il présentera                                  aux éventuels soumissionnaires.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">Le déséquilibre des                                  moyens techniques et financiers est évident                                  et les contraintes multiples feront en sorte que                                  l&#8217;entrepreneur aura peu de temps pour réfléchir,                                  étudier et s&#8217;engager à l&#8217;exécution,                                  qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un contrat classique selon plans                                  et devis ou de la présentation d&#8217;une proposition                                  incluant conception et exécution des travaux.                                  Les documents d&#8217;appel d&#8217;offres pour les grands                                  travaux sont non seulement considérables,                                  mais ils sont aussi complexes. L&#8217;entrepreneur                                  doit être à l&#8217;affût des imprécisions                                  et des contradictions. Il doit soulever avant,                                  et non pas après, la signature du contrat                                  les clauses qui ne correspondent pas à                                  la réalité.</p>
<p class="texte" style="text-align: justify;">
<hr/><br/>
<div class='footnotes'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-261-1'>Ce texte est une mise à jour de la conférence prononcée par Me André Simard, dans le cadre des séminaires Infonex. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-261-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-261-2'><em>Banque de Montréal</em> c. <em>Bail                                  / Sotrim et al.</em>, [1992 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-261-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-261-3'><em>Janin Construction (1983) Limitée</em> c. <em>Régie d&#8217;assainissement des eaux                                  du Bassin de Laprairie</em>, J.E. 94-1559 (C.S.). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-261-3'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-261-4'><em>Valtelec inc.</em> c. <em>Hôpital                                  St-Charles Borromée</em>, 500-05-600397-883,                                  29-08-90 (C.S.). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-261-4'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-261-5'><em>Bau-Québec ltée</em> c.                                  <em>Ste-Julie (Ville de)</em>, J.E. 99-2100, C.A.,                                  qui applique <em>MJB Entreprises Bon Conseil ltée</em> c. <em>Hydro-Québec</em>, REJB 1999-15977                                  C.S. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-261-5'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-261-6'><em>Gestion de Construction Novel</em> c.                                  <em>Commission Scolaire St-Jérôme</em>,                                  J.E. 94-1206. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-261-6'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-261-7'><em>Arteco Concept</em> c. <em>Hôpital                                  Notre-Dame</em>, J.E. 86-562, C.S. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-261-7'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.edilex.com/edilexpress/index.php/regard-pratique-sur-lappel-doffres-interets-divergents-des-donneurs-douvrage-et-des-entrepreneurs-me-benoit-roussy/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

