Fusions & Acquisitons
: Où sont les opportunités dans
le nouveau contexte démographique ?

Me
Patrice Vachon, avocat
Associé senior chez Heenan
Blaikie
Coanimateur au séminaire de Transactions
d'achat-vente d'entreprise

Sommaire :
Le « choc démographique » alarmant
qui commence à secouer le Québec
et dont les effets ne feront que s’amplifier
d’ici 2051 aura de sévères
répercussions sur plusieurs de nos entreprises
et sur nos principales régions ressources.
Ce tsunami démographique
laisse présager de sombres perspectives
économiques, sociales et culturelles. Il
affectera nos dépenses de consommation,
notre style, notre mode et notre qualité
de vie, le marché du travail et de l’emploi
et la capacité de nos gouvernements à
répondre aux besoins de notre population.
Enjeux de société vitaux, défis
gouvernementaux de taille, conséquences
coûteuses pour plusieurs entrepreneurs.
Somme toute, un tableau sombre à l’horizon
si la société et les gouvernements
ne corrigent pas rapidement le tir, mais, selon
l’adage, qui dit déclin ou impacts
négatifs pour certains, dit également
multiples opportunités pour les visionnaires
et ceux qui auront su s’y préparer
adéquatement.
Quels sont les principaux
enjeux et défis de l’heure?
Comment naviguer dans ces eaux troubles?
Comment cela affectera-t-il le domaine des Fusions
& Acquisitions?
Mais surtout :
Où
sont les opportunités d’affaires?
C’est
à ces questions de l’heure que nous
avons cherché à répondre
dans cet article.
Introduction
- Tsunami démographique à nos portes
!
1. L'avenir démographique
du Québec - Sombre constat
- L'Importance
et la fragilité des PME québécoises
- Vieillissement de la population
- Les rapports de dépendance
- Le taux de mortalité
et l'indice de fécondité
- L'immigration et les mouvements
migratoires
- La démographie
et l'économie
- Les régions
- La situation actuelle
à l'échelle mondiale
2. Comment naviguer
dans ces eaux troubles ?
- Impacts
sur la croissance économique
- Quelles seront les conséquences
?
- Impacts sur le marché
du travail
- Que faire ?
- Productivité et
performance : deux enjeux vitaux
- Impacts sur nos gouvernements
- Impacts sur notre société
- Impacts sur le propriétaire
d'une entreprise
3. Où
sont les opportunités ?
- Investir
en prévision de demain : les secteurs
d'activités à considérer
- Produits qui seront en
demande («In»)
- Services qui seront en
demande («In»)
- Produits et services qui
perdront de l'intérêt («Out»)
- Penser globalement et
Focus international
- Éléments
de réflexion
Conclusion
Introduction
- Tsunami démographique à nos portes!
(Note
1)
Le Québec est engagé
sur la voie d’une décroissance accélérée
de son bassin de main-d’œuvre active
(Note
2). Ce phénomène ne fera
que s’accélérer exponentiellement
jusqu’en 2051, tous les indicateurs pointant
vers les mêmes constats :
- décroissance démographique
alarmante;
- baisse de fécondité;
- dénatalité sous
le seuil de renouvellement de la population;
- vieillissement de la population
et accroissement de l’espérance
de vie;
- mouvements migratoires négatifs.
Ces problèmes, alliés
à l’importance des PME familiales
dans l’économie québécoise
et aux problèmes imminents de relève
d’entreprise, affecteront la majorité
des propriétaires d’entreprises au
Québec et, par effets secondaires, la majorité
des acteurs (professionnels, banquiers, conseillers,
fournisseurs, coachs en entreprises, etc.) dont
les activités gravitent autour de ces entreprises.
Ce
choc démographique entraînera des
effets négatifs sévères sur
l’économie (PIB), les dépenses
de consommation, le style, le mode et la qualité
de vie, le marché du travail et les revenus
du gouvernement pour répondre aux besoins
de la population.
Enjeux de société
vitaux, défis gouvernementaux de taille,
conséquences coûteuses pour plusieurs
entrepreneurs. Somme toute, un tableau sombre
à l’horizon si la société
et les gouvernements ne corrigent pas rapidement
le tir (Note
3), mais, selon l’adage, qui
dit déclin ou impacts négatifs pour
certains, dit également multiples opportunités
pour les visionnaires et ceux qui auront su s’y
préparer adéquatement.
Après avoir dressé
un sommaire des problèmes démographiques
auxquels nous ne pourrons échapper (art.
1), nous suggérerons aux propriétaires
et gestionnaires d’entreprises diverses
approches et stratégies pour tenir la barre
dans ces eaux troubles (art. 2) et pour savoir
dénicher les occasions d’affaires
(art. 3).
Les spécialistes en relève
d’entreprise et en financement et Fusions
& Acquisitions d’entreprises y trouveront
un regain des activités dans ce domaine,
tous les indicateurs pointant vers une consolidation
d’entreprises et diverses acquisitions stratégiques,
les baby-boomers atteignant l’âge
de la retraite en 2011.
1.
L’AVENIR DÉMOGRAPHIQUE DU QUÉBEC
– SOMBRE CONSTAT
L’importance
et la fragilité des PME québécoises
Les PME représentent 90
% des entreprises au Québec et presque
toutes sont de type familial. Elle constituent
la force motrice de la croissance économique,
de l’innovation et de l’emploi, générant
ainsi 85 % des nouveaux emplois créés
et constituant le noyau des collectivités.
Au Canada, on constate cependant
que, sur 140 500 PME fondées chaque année,
seules 8 500 survivent, soit 6 % d’entre
elles.
Au
Québec, entre 1991 et 2001, Statistiques
Canada révèle que nous avons créé
trois fois moins d’entreprises qu’au
Canada. Si l’on considère les pourcentages
d’augmentation du nombre d’entreprises,
le Québec représente seulement 3,4
% d’augmentation par rapport à 9%
en Ontario, 9 % au Canada, 15 % en Colombie Britannique
et 31 % en Alberta. Premier constat : on assiste
ainsi à un déplacement de la création
d’entreprises au Canada et ce, au détriment
du Québec.
Actuellement,
une importante proportion des propriétaires
de PME sont des baby-boomers (Note
4). Ils comptent actuellement, pour
environ 37 % de la population totale du canada.
Ils sont notamment des hommes de race blanche,
âgés de 40 à 64 ans, et dont
le niveau de scolarité ne dépasse
pas le secondaire. Ils commenceront à prendre
leur retraite et à chercher à vendre
leurs entreprises d’ici 2011 (Note
5), et l’on prévoit que
d’ici cette date, au moins 1,2 milliard
de dollars d’actifs devraient changer de
main au Canada, constituant par le fait même
le plus important transfert de pouvoir économique
de l’histoire. Deuxième constat :
ces statistiques laissent présager un risque
important pour la prospérité économique
et sociale du Québec.
En raison de ces données
et des problèmes énoncés
au préambule, nous connaîtrons au
Québec, au cours des 10 à 20 prochaines
années, une diversité sociale et
culturelle sans précédent puisque
la nouvelle génération qui assumera
la relève de ces PME sera plutôt
composée de propriétaires dont le
niveau d’éducation sera supérieur
et dont les traits caractéristiques se
traduiront par la présence de plus de femmes
et de plus de minorités visibles, notamment
les Néo-Canadiens.
Outre cet environnement décriant
les problèmes de déplacement de
la création d’entreprises, de relève
d’entreprise et de changement de traits
caractéristiques de la prochaine génération,
nous assisterons à un véritable
problème de nature démographique,
facteurs que nous allons maintenant analyser.
Vieillissement
de la population
La
population du Québec comptait 7 509 000
personnes en 2004, dont 25 % (Note
6) à Montréal, soit 18,5
% de la population canadienne (40 583 850). Alors
que 13 % de la population du Québec regroupe
la classe des personnes âgées (Note
7) et que 18 % regroupe celle des moins
de 15 ans, d’ici peu d’années
(2051), on anticipe que ce pourcentage passera
à 30 %, alors qu’il n’était
que de 6 %, il y a 35 ans (1971).
Il faut noter que ces pourcentages
actuels sont très similaires à ceux
observés en 2004 dans la majorité
des pays industrialisés, tel que le démontre
le graphique reproduit ci-après. Ces pourcentages
augmenteront considérablement dans les
années à venir, surtout au Canada
où la proportion des baby-boomers est particulièrement
importante.
Pour mieux permettre de saisir
l’ampleur du problème, les données
statistiques suivantes sont révélatrices
des véritables enjeux :
Le ratio « dix personnes
actives pour un retraité »,
que nous retrouvions au sortir de la seconde
guerre mondiale, est tombé à «
cinq pour un » de nos jours et
nous nous dirigeons vers un ratio de «
deux pour un » d’ici quelques
années.
On
voit tout de suite la progression marquée
de la baisse de la main-d’œuvre dans
le temps, avec toutes les conséquences
qu’y en découlent.
Personnes âgées
de 65 ans et plus et personnes âgées
de moins de 15 ans,
divers pays, en pourcentage, année 2004
(Note
8)
Pays |
Personnes âgées
de 65 ans et plus |
Personnes âgées
de moins de 15 ans |
Chine |
7 % |
22 % |
France |
16 % |
19 % |
Allemagne |
17 % |
15 % |
Inde |
4 % |
36 % |
Italie |
19 % |
14 % |
Japon |
19 % |
14 % |
Mexique |
5 % |
35 % |
Russie |
13 % |
16 % |
Royaume-Uni |
16 % |
19 % |
États-Unis |
12 % |
21 % |
Canada |
13 % |
18 % |
Du côté
positif, notons que notre population jouit d’un
excellent bilan de santé générale.
La mortalité infantile est parmi les plus
basses au pays (4,6 %). L’espérance
de vie se compare aux plus élevées
du monde. On assiste par le fait même à
une augmentation importante de celle-ci avec un
passage, chez les hommes, de 47,7 ans en 1911,
à 68,6 ans en 1961 et à 76,5 ans
en 2001, alors que chez les femmes, l’espérance
de vie est passée de 45,0 ans en 1911,
à 75,4 ans en 1961 et à 82,0 ans
en 2001. Notre population vieillit donc.
L’âge moyen de la population
québécoise est de 39,1 ans, trois
ans de plus qu’aux États-Unis et
huit ans de plus qu’en Chine. Les populations
dont l’âge moyen est le plus bas se
situent, soit dans des pays avec un haut taux
de natalité, tels le Mexique, la Turquie
ou l’Islande, soit dans un pays avec un
haut taux d’immigration, soit l’Australie
ou la Nouvelle-Zélande.
Les prévisions futures témoignent
d’un déclin des jeunes de l’ordre
de 8 000 personnes par an et ce, durant les 50
prochaines années et d’une accélération
étonnante du vieillissement de la population
québécoise se traduisant par le
faible taux de natalité et le passage graduel
des baby-boomers à l’âge de
la retraite.
Fort est de constater que le nombre
de personnes âgées devrait doubler
au Québec dans 29 ans, par opposition à
49 ans au Canada, 68 ans en France et 85 ans au
Royaume-Uni.
Le graphique qui suit montre la
variation annuelle de la population québécoise
de 1927 à 2047 et on y constate les tendances
exprimées ci-dessus, dont un important
déclin amorcé depuis 2003.

L’examen de la pyramide des
âges montre bien à quel point le
vieillissement est réel et enclenché
au Québec. Ainsi, on notera au graphique
qui suit un renversement graduel de la pyramide
des âges :

Les
rapports de dépendance
Les rapports de dépendance
(Note
9) sont importants à considérer,
surtout en matière de prévisions
économiques. Malheureusement, les prévisions
sont particulièrement sombres à
ce sujet pour le Québec, tout comme elles
le sont pour le Japon, la Finlande, la Belgique,
la Grèce, la République Tchèque,
la France, l’Italie et la Hongrie.
Par opposition, les pays dont le
rapport de dépendance devrait être
favorable au cours des quinze prochaines années
sont l’Irlande, les États-Unis, l’Espagne,
le Portugal, la Norvège, le Mexique, la
Turquie et l’Islande.
Le vieillissement de la population
et les rapports de dépendance constituent
donc des enjeux importants dans la plupart des
pays industrialisés, notamment au Japon
où le taux de fertilité est à
1,3 et où la politique en immigration est
plus fermée que d’autres pays. Dans
plusieurs pays européens, ce phénomène
se fait également sentir depuis plusieurs
années déjà. À ce
sujet, l’OCDE prévoit que le nombre
de personnes âgées augmentera de
70 millions dans ses pays membres. Les personnes
d’âge actif, quant à elles,
augmenteront d’à peine 5 millions.
En terme de pourcentage, l’OCDE calcule
que les personnes âgées représenteront,
en 2030, environ 35 % de la population en âge
de travailler, prévisions très similaires
à celle anticipée pour le Québec
(30 %) en 2051.
Pourcentage
de la population âgée de 65 ans et
plus par rapport à la
population en âge de travailler, divers
pays, 2000 et 2020 (Note
10)

Le
taux de mortalité et l’indice de
fécondité
Le faible taux de fécondité
constitue l’une des causes importantes de
la décroissance et du ralentissement démographique
au Québec. En effet, notre Indice de fécondité
(Note
11) est nettement trop bas, se situant
à 1,485 enfant, alors qu’un seuil
de 2,1 est requis pour assurer le renouvellement
de la population. Cet indice a déjà
été à 3,7 enfants il n’y
a que quelques années. On est particulièrement
en mesure de constater le véritable effondrement
des naissances au Québec depuis les années
1960 dans le graphique qui suit :

La situation dans le reste du Canada
est sensiblement la même telle que reflétée
au graphique suivant. En effet, l’indice
de fécondité a dramatiquement chuté
durant les quarante dernières années.
Notons qu’en 2000, l’indice de fécondité
était de 1,48 en Ontario et de 1,49 dans
l’ensemble du Canada.

Les
phénomènes sociaux ne sont pas étrangers
à la baisse de fécondité
: progrès de la médecine en matière
de contraception, éducation en la matière,
accessibilité des produits contraceptifs,
maladie (MTS, sida), meilleure éducation,
accès au marché du travail chez
les femmes retardant ainsi l’âge où
elles anticipent avoir leurs enfants (plus elles
retardent, moins elles sont fertiles) (Note
12).
Dans
les autres pays, on note, grâce au graphique
suivant, que les indices de fécondité
sont de loin plus favorables que ceux du Québec
et c’est le cas notamment pour l’Inde
et le Mexique, mais aussi pour les États-Unis
et la France où la population est, en moyenne,
plus jeune.
Indice de fécondité,
divers pays, 2004 (Note
13)
| Pays |
Indice de fécondité |
| Chine |
1.7 |
| Canada |
1.5 |
| France |
1.9 |
| Allemagne |
1.3 |
| Inde |
3.1 |
| Italie |
1.3 |
| Japon |
1.3 |
| Mexique |
2.8 |
| Russie |
1.4 |
| Royaume-Uni |
1.7 |
| États-Unis |
2.0 |
| Suède |
1.7 |
En regard de l’indice de
mortalité, le nombre des décès
au Québec dépassera celui des naissances
en 2021. Ainsi, durant 11 ans, soit de 2021 à
2032, ce sera uniquement l’immigration qui
assurera la croissance démographique du
Québec. On estime que le taux de mortalité
au Québec devrait doubler en 2051, en raison
du vieillissement de la population.
Au Canada, le même phénomène
devrait se produire en 2026. À partir de
cette date, l’accroissement naturel sera
négatif et seule l’immigration contribuera
positivement à la croissance démographique
canadienne.
L’immigration
et les mouvements migratoires
L’immigration occupe une
place prépondérante dans la croissance
de la population des pays industrialisés.
Au Canada, contrairement aux États-Unis,
l’immigration assure la majeure partie du
renouvellement de la population. Selon l’OCDE,
les immigrants canadiens comptent pour environ
18 % de la population totale. Le graphique qui
suit montre les différences entre les différents
pays.
Pourcentage
de la population immigrante sur
la population totale, divers pays, 2001 (Note
14)

Aux États-Unis, entre 1990
et 1998, l’immigration a contribué
à environ 30 % de la croissance totale
de la population américaine alors que l’accroissement
naturel (naissance – décès)
a contribué à 70 % de la croissance
démographique.
Au Québec, en 2002, c’était
l’inverse : l’accroissement naturel
(naissance – décès) a contribué
à 39,8 % de la croissance démographique
annuelle tandis que l’immigration a assuré
60,2 % de celle-ci. Donnée intéressante,
l’immigration représentera sous peu
cent pourcent (100 %) de la croissance démographique
canadienne. À Montréal, par exemple,
un Montréalais sur quatre est d’origine
étrangère et cette tendance devrait
s’amplifier avec le seul passage du temps.
On note cependant que les immigrants
rentrant au Canada s’installent ailleurs
qu’au Québec. En effet, le Québec
ne réussit à attirer annuellement
que 12 % des immigrants, les mouvements migratoires
ne lui en étant pas favorables. L’Ontario
est la province qui attire le plus d’immigrants
annuellement avec un taux de 43 % alors que la
Colombie-Britannique attire annuellement 18 %
des immigrants. Le graphique qui suit montre les
pourcentages moyens de l’immigration au
Canada, par province :

Le Québec connaît
donc des soldes migratoires interprovinciaux négatifs.
En effet, un plus grand nombre de Québécois
quitte la province pour s’installer ailleurs
au Canada qu’il y a de Canadiens qui viennent
s’établir au Québec pour y
vivre.
Le Québec n’a pas
une longue expérience de l’immigration.
À compétence égale, un chef
d’entreprise aura tendance à embaucher
un Québécois pur laine! Il nous
faut donc vite nous adapter et changer de mentalité
à cet égard car les immigrants occuperont
de plus en plus une place importante dans notre
bassin de main-d’œuvre active. Il nous
faut attirer plus d’immigrants, notamment
de « bons » immigrants, c’est-à-dire,
idéalement, des personnes en santé,
jeunes, éduquées, ayant des ressources
financières suffisantes, disposées
à fonder une famille et honnêtes.
Il faut également qu’ils restent
au Québec. Ils ne viendront assurément
et ne demeureront au Québec que si l’on
est concurrentiel.
La
démographie et l’économie
La démographie joue un rôle
de premier plan sur la croissance économique
d’un pays. Elle influence également
plusieurs autres secteurs clés tels l’emploi,
l’éducation, le niveau de vie, la
santé, l’environnement, le transport,
le financement et l’organisation des services
publics et, qui plus est, la sécurité
de notre province et celle de notre pays.
Les
problèmes démographiques seront
vécus à des degrés différents
à l’échelle de la planète.
Entre le Québec et l’Ontario, la
démarcation s’accentuera avec le
seul passage du temps (Note
15).
Les problèmes démographiques
auxquels le Québec doit faire face entraîneront
des répercussions négatives sur
notre économie mais également à
plusieurs autres niveaux : baisse substantielle
de génération de revenus pour les
gouvernements (impôts substantiellement
moindres, faute de personnes actives), les caisses
de retraite, le système de santé,
le service de la dette, l’immobilier commercial
et résidentiel, les régions et le
déplacement de la population, la richesse
de la population, la culture, le bien-être,
etc.
Les
régions
Tous les indices démontrent
que les régions seront plus affectées
que les grands centres urbains d’ici 2041.
En effet, le vieillissement sera plus prononcé
dans les régions ressources en raison des
mouvements migratoires défavorables.
Les régions qui seront les
plus affectées sont la Gaspésie
et les Îles-de-la-Madeleine, la Côte-Nord,
le Saguenay-Lac-Saint-Jean, le Bas-Saint-Laurent,
la Mauricie et l’Abitibi-Témiscamingue.
Par opposition, les Laurentides
notamment, ainsi que Montréal et ses régions
avoisinantes se tireront mieux d’affaires
que les régions éloignées.
La
situation actuelle à l’échelle
mondiale
Éléments «
rassurant » dans tout ce portrait sombre,
nous ne sommes pas les seuls à vivre ce
phénomène puisque les problèmes
démographiques sont planétaires.
On assiste ainsi dans tous les pays membres de
l’OCDE à des phénomènes
similaires (baisse moyenne de 3 %), mais à
des degrés différents. La France,
par opposition, est en hausse de 7 % ayant mis
de l’avant des programmes soutenus pour
faire face à cette situation. La Russie
devrait être le pays le plus rapidement
affecté.
Toutefois, il est difficile de
se réjouir du seul fait que ce problème
est mondial puisque la plupart des autres pays
ont déjà une population substantiellement
plus nombreuse que la nôtre, générant
par le fait même un PIB par habitant supérieur
et des revenus supérieurs pour leurs gouvernements.
Les tendances que nous venons de
résumer sont assorties de plusieurs difficultés
et implications pour les gouvernements, la société
et les propriétaires d’entreprises.
Ayant dressé un tableau sommaire de la
situation telle que nous devrions la vivre au
cours des cinquante prochaines années,
examinons maintenant les effets pratiques pour
les propriétaires d’entreprises et
leurs conseillers et voyons comment il faudra
apprendre à naviguer dans ce contexte.
2.
COMMENT NAVIGUER DANS CES EAUX TROUBLES?
Ce choc démographique négatif
important pour le Québec aura plusieurs
répercussions qui seront durement ressenties
par les propriétaires d’entreprises.
Voyons maintenant ces facteurs.
Impacts
sur la croissance économique
Le
premier de ces impacts sera lié à
un effet négatif sur la croissance économique
puisque cette dernière dépend largement
de la démographie. Bien que les principaux
indicateurs économiques présentent
le beau portrait de la situation économique
du Québec en 2004 et au premier trimestre
2005 (Note
16), demain sera assurément
beaucoup plus sombre pour les propriétaires
d’entreprises qui subiront les premiers
les effets du ressac.
La croissance de notre PIB devrait
être affectée négativement
à compter de 2011, date où les premiers
baby-boomers atteindront l’âge de
la retraite et où on assistera à
un déclin graduel important de notre population
active.
Quelles
seront les conséquences?
D’un point de vue «
macro », les conséquences sont multiples
et nous les analyserons plus en détail
ci-après :
- baisse de l’emploi;
- baisse de la productivité
et de la performance;
- diminution de la capacité
de la société à maintenir
les services à ses citoyens;
- diminution de la richesse collective.
Impacts
sur le marché du travail
Les diminutions de travailleurs
emporteront des conséquences importantes
sur le marché du travail et donc sur les
entreprises, créant par le fait même
une pression à la hausse importante sur
les salaires, en raison des déplacements
de la main-d’œuvre et de la rareté
de celle-ci. Il va sans dire que nos enfants auront
corollairement moins de difficulté à
trouver de l’emploi, en autant qu’ils
s’intéressent à un secteur
d’activité porteur.
Il
pourrait ainsi en découler un exode d’entreprises
et une augmentation importante du taux de chômage
dans certaines régions et dans certains
secteurs d’activités économiques,
si une pénurie de main-d’œuvre
devait entraîner une flambée des
salaires au Québec, alors que nous vivons
une relative période de fragilité
face à la compétition des pays en
voie de développement (Note
17) dont les salaires sont substantiellement
plus bas que les nôtres.
La main-d’œuvre étant
plus âgée dans le secteur primaire
(39 % de la main-d’œuvre), les conséquences
y seront plus sévèrement et rapidement
ressenties que dans les secteurs secondaires et
tertiaires où les proportions sont de 35%
chacune. Dans le secteur secondaire, le vieillissement
de la population est plus marqué dans les
services publics et la construction alors que
dans la fabrication, certaines industries seront
plus rapidement touchées (dans l’ordre
: le textile, le papier, les métaux primaires,
le matériel électrique et les vêtements).
Dans le secteur tertiaire, les problèmes
de relève et de vieillissement de la population
sont plus criants pour les activités liées
aux sciences naturelles et appliquées,
à la santé, aux sciences sociales
(enseignement, administration publique et religion),
aux arts, à la culture et aux loisirs ainsi
qu’au transport.
Les problèmes de vieillissement,
de dénatalité et d’immigration
constituent donc une réalité comportant
d’importantes conséquences pour tout
propriétaire d’entreprise.
Que
faire?
Il
faudra s’adapter à cette nouvelle
réalité et chercher à accroître
la participation au marché du travail.
À notre avis, tout propriétaire
d’entreprise devra tenir compte des suggestions
que nous formulons ci-après dans le cadre
de sa réflexion stratégique et il
devra, plus que jamais s’entourer de ses
conseillers et personnes de confiance :
- s’ajuster à la
pression pour relever l’âge de la
retraite et inciter ses travailleurs âgés
à continuer à travailler au sein
de son entreprise au-delà de l’âge
de 60 ans (Note
18);
- offrir plus de formation continue
pour les employés, notamment les plus
âgés;
- accroître le taux d’activité
des femmes puisqu’elles accusent un retard
de 12,3 % dans leur taux d’emploi par
rapport aux hommes;
- accroître la participation
des travailleurs peu spécialisés
ou éduqués (la demande pour ceux-ci
est plus forte que pour les universitaires);
- favoriser et valoriser les mécanismes
qui permettent le mentorat, le « coaching
» et le transfert de connaissances accélérées;
- être créatif et
se distinguer pour attirer de nouveaux employés;
- chercher à employer plus
d’immigrants;
- chercher à employer plus
de jeunes et de finissants;
- favoriser la rétention
d’employés en prenant bien soin
de ceux-ci, puisqu’il est très
coûteux de former, puis de perdre un employé;
- investir pour garder les employés
en améliorant l’environnement et
l’ergonomie du travail;
- être plus ouvert et flexible
à la qualité de vie au travail,
au conditionnement physique et au nombre d’heures
et de jours de travail par semaine;
- combler le déficit par
plus de travailleurs à temps partiel;
- accommoder les parents ayant
de jeunes enfants (par exemple, création
de garderies en milieu de travail et flexibilité
des heures de travail);
- offrir, en région, des
avantages ou incitatifs afin de conserver ses
employés et d’attirer davantage
d’immigrants.
Productivité
et performance : deux enjeux vitaux
À notre avis, productivité
et performance constitueront les défis
des prochaines années pour tout propriétaire.
Il faudra ainsi moderniser les moyens de production
des entreprises, former les employés, mais
surtout, mettre en place un processus de gestion
de la performance et de la productivité
afin de palier à la baisse anticipée
de productivité et de performance chez
un bassin de travailleurs vieillissants et donc
moins rapides, alertes et efficaces.
L’expérience de cette
force de travailleurs pourrait compenser ces facteurs
à la condition que le passage du savoir-faire
soit bien orchestré et soit valorisé
et récompensé. Une amélioration
des compétences et une meilleure organisation
du travail seront définitivement deux facteurs
qui permettront à une entreprise de se
distinguer et d’améliorer leur rentabilité.
Les entreprises et les professionnels
qui se spécialiseront et qui sauront se
distinguer dans l’amélioration de
la performance et de la productivité en
entreprise seront donc nécessairement très
en demande au cours des prochaines décennies.
Impacts
sur nos gouvernements
Le
bassin de main-d’œuvre active étant
destiné à être substantiellement
moindre dans les prochaines années, nos
gouvernements seront au prise avec de sérieuses
difficultés budgétaires puisqu’ils
feront face à un manque à gagner
substantiel en raison de la baisse importante
en revenus d’impôts. Au Québec,
où ces impacts se feront plus durement
ressentir, le manque à gagner prévisible
est de cinq milliards de dollars en 2019-2020.
L’Alberta devrait bien s’en tirer
en raison de sa richesse pétrolière
et gazifière. L’Ontario devrait également
bien s’en tirer.
D’ici
30 ans, certaines études démontrent
que les dépenses de santé au Québec
pourraient représenter 85 % des dépenses
totales publiques par rapport à un taux
de 42,6 % en 2004 (Note
19). Il est donc acquis, à notre
avis, que le gouvernement devra procéder
à des réformes majeures afin de
réduire les coûts de fonctionnement
du régime de soins de santé et permettre
à la médecine privée (Note
20) de jouer un rôle très
actif et important d’ici quelques années,
d’où de belles opportunités
pour les professionnels, chercheurs, financiers
et entrepreneurs. Il ne peut en être autrement
vu ces données et la réalité
à laquelle nous sommes confrontés.
On devrait assister également
à une baisse substantielle des programmes
et services publics, faute d’argent, celui
ci devant être consacré notamment
à la santé. Les impacts sur notre
société devraient se faire ressentir
notamment dans les activités suivantes
:
- l’éducation
(bien qu’il y aura moins de jeunes);
- l’emploi (plusieurs secteurs
seront affectés);
- la culture et la solidarité
sociale;
- la sécurité et
les forces de l’ordre;
- le développement économique;
- les infrastructures publiques;
- l’environnement.
Le
gouvernement aura donc de la difficulté
à maintenir un budget équilibré.
Actuellement, 16 % du budget du gouvernement est
consacré à acquitter les intérêts
sur le déficit (Note
21). Un accroissement du déficit
emportera une augmentation de cette lourde charge
d’intérêts et une baisse de
manœuvre pour le gouvernement. Il est à
prévoir qu’il y aurait des coupures
dans les incitatifs fiscaux avantageux (R&D),
ce qui serait toutefois malheureux et précurseur
d’une réduction de l’intérêt
pour les sociétés étrangères
à venir s’établir au Québec
et à y créer de l’emploi.
Les gouvernements canadien et québécois
seront également aux prises avec une réalité
importante nécessitant l’affectation
de sommes importantes aux infrastructures de transport
afin de désengorger les ports pour acheminer
les biens importés ainsi que les autres
moyens de transport (routes et chemins de fer)
et prévenir leur dégradation pour
que les entreprises puissent assurer un mode d’importation
et d’exportation adéquat.
Impacts
sur notre société
Ces facteurs démographiques
négatifs devraient entraîner des
impacts secondaires importants à plusieurs
niveaux :
- réduction des dépenses
de consommation des Québécois;
- appauvrissement de la société
québécoise;
- baisse de compétitivité
à l’échelle mondiale;
- baisse du niveau de vie (PIB
par habitant);
- accroissement important de l’écart
du niveau de vie avec l’Ontario;
- perte du poids relatif du Québec
pour la péréquation canadienne.
Impacts
sur le propriétaire d’une entreprise
Le choc démographique appréhendé
aura, assurément, des répercussions
sérieuses sur tout propriétaire
d’entreprise. Des efforts importants d’adaptation
seront requis pour suivre les besoins d’un
marché en forte mutation.
On assistera, notamment, à
une modification de la demande des produits et
services face à une clientèle vieillissante,
la consommation des individus étant directement
proportionnelle à leur âge. Les opportunités
se trouvent notamment à ce chapitre.
Il faudra penser globalement et
exporter davantage puisque le bassin d’acheteurs
de produits conventionnels sera réduit
graduellement au Québec. Les PME ne pourront
viser que le marché local. Il faudra chercher
de nouveaux débouchés pour les produits,
aux États-Unis notamment, au Mexique, en
Amérique du Sud et dans les pays en émergence,
en Asie (notamment en Chine et en Inde), et ailleurs
dans le monde.
Comme l’immigration constituera
prochainement la totalité de la croissance
démographique québécoise,
il faudra s’adapter aux besoins de ces immigrants
en produits et services et chercher à comprendre
leur mode et leur style de vie. De belles opportunités
également en perspectives à cet
égard.
3.
OÙ SONT LES OPPORTUNITÉS?
Investir
en prévision de demain : les secteurs d’activités
à considérer
Les statistiques présentées
dans le graphique suivant montrent la différence
de consommation selon l’âge.

Nos recherches et notre réflexion
nous portent à penser que les produits
et services qui seront en demande par opposition
à ceux qui en arracheront seront les suivants
et, par conséquent et effet domino, les
secteurs porteurs et ceux qui en arracheront dans
les prochaines années en matière
de Fusions & Acquisitions d’entreprises
devraient être les suivants :
Produits
qui seront en demande (« In »)
Les
produits qui, à notre avis, dans un proche
futur, devraient être en demande et par
conséquent, les secteurs où il devrait
y avoir beaucoup d’activités dans
le domaine de la consolidation, du fusionnement
et des Fusions & Acquisitions d’entreprises
sont les suivants :
- le transport adapté;
- les résidences pour personnes
âgées (Note
22);
- les condos et unités
de logements à peu d’entretien;
- le secteur de l’eau;
- l’alimentation;
- les soins de santé privés
(soins personnels; soins de la santé
(SPA); soins à domicile; les soins de
longue durée);
- les cliniques privées,
cliniques à domicile et services de santé
à domicile;
- les entreprises pharmaceutiques
et de biotechnologie;
- les pharmacies (médicaments);
- les fabricants d’appareils
médicaux;
- les centres de recherche;
- l’aéronautique;
- Les pièces pour automobiles
et camions et les garages pour réparation
de véhicules;
- les entreprises de pompe funèbre;
- les équipements et moyens
de chauffage ou de transport hybrides ou alternatifs
à l’huile ou l’essence;
- les
services financiers (services de planification
financière et de gestion de portefeuille
- gestion de la fortune des baby-boomers);
- les loisirs, notamment le multimédia,
la lecture et les entreprises spécialisées
dans les voyages, dont particulièrement
les croisières (Note
23); etc.
Services
qui seront en demande (« In »)
Chez les professionnels, conseillers
et entreprises de services, les services suivants
devraient être fortement recherchés
:
- tout ce qui touche les ressources
humaines et le bien-être des gens au travail;
- tout ce qui touche la santé
et le bien-être;
- le coaching de jeunes entrepreneurs
imaginatifs et fougueux par des baby-boomers
(anges) à la retraite ou semi-retraite
souhaitant demeurer actifs et contribuer par
la passation de leur savoir et en contribuant
par des contacts, des capitaux de lancement
(seed-money) et de l’expérience;
- les
experts en amélioration de la performance
et de la productivité (Note
24);
- les experts en consolidation,
financement et Fusions & Acquisitions d’entreprises;
- les experts en redressement
d’entreprise et planification stratégique;
- les experts en relève
d’entreprise, passation de pouvoirs et
levée de fonds;
- les experts à l’international;
etc.
Produits
et services qui perdront de l’intérêt
(« Out »)
Les produits et services qui, dans
un proche futur, devraient perdre graduellement
de l’intérêt sont les suivants
:
- les
résidences cossues et la construction
de maisons neuves;
- les résidences dans certaines
régions (Note
25);
- l’immobilier
commercial en régions rurales et dans
les petites villes (Note
26);
- le transport en commun (moins
de travailleurs aux heures de pointe);
- les achats et types de véhicule
(conservation plus longue; achat de véhicule
moins dispendieux et consommant moins de carburant);
- les équipements, véhicules
et chauffage à l’huile, à
l’essence ou au pétrole;
- le tabac, la bière et
l’alcool;
- les
vêtements;
- les appareils électro-ménagers,
les articles et accessoires d’ameublement
(Note
27);
- l’électronique.
Au niveau immobilier, notons que
les changements démographiques influencent
directement la demande de logements. Plus la population
en âge de former des ménages est
importante, plus la construction augmente et plus
les maisons existantes sont convoitées,
ce qui en fait augmenter leur valeur et inversement.
Au Québec, on estime que le marché
immobilier sera encore porteur pour une période
maximale de 20 ans (la population de 20 à
80 ans sera à son maximum). Statistiquement,
c’est vers l’âge de 75 ans que
l’on vend sa dernière maison. Les
nombreux baby-boomers atteindront cet âge
entre 2020 et 2040, ce qui devrait, à notre
avis, provoquer une onde de choc sur le marché
immobilier puisque le marché va devenir
inondé de maisons pour lesquelles il sera
difficile de trouver preneurs.
En somme, la demande pour les produits
et services étant intimement liée
à l’âge de la population qui
les consomme, cette adéquation devra être
examinée et revue périodiquement
au cours des prochaines années dans le
cadre de la revue du positionnement stratégique
de chaque entreprise et la mise en place ou revue
de son plan d’affaires. De plus, la compétitivité
des entreprises à l’échelle
mondiale est et sera de plus en plus au cœur
des défis à relever pour nos entreprises!
Penser
globalement et Focus international
Dans un contexte de globalisation
et de concurrence internationale à laquelle
nous ne pouvons échapper, nous sommes en
présence de concurrents de calibre supérieur,
tels la Chine, l’Inde, les États-Unis,
le Mexique, l’Allemagne, le Japon, le Vietnam,
etc.
Nous avons, par ailleurs, un accès
instantané à une mer d’information
à l’échelle planétaire,
occasionnant des répercussions immédiates
sur le cours des actions, le cours des denrées,
les taux d’intérêt et l’économie.
Les cycles économiques ont
également changé. On ne connaît
plus de cycles de 5 ou 10 ans comme autrefois
et il est difficile d’anticiper les nouveaux
cycles. La révision des plans d’affaires
et planifications stratégiques à
tous les cinq ans a laissé place à
une révision annuelle.
Nous vivons également une
période de transition avec, en arrière
plan les problèmes environnementaux, le
phénomène El Niño, les problèmes
de sécheresse, les inondations (Nouvelle-Orléans,
Mississipi et Alabama), désastres écologiques
et ouragans (Katrina), le réchauffement
planétaire, les gaz à effet de serre
et la fonte des glaciers, l’accord de Kyoto,
le terrorisme mondial (le 11 septembre, Madrid,
Bali, Londres, etc.), les guerres constantes (Irak,
Afghanistan, Iran?, etc.), les nombreux conflits
qui perdurent (Bande de Gaza, Israël/Palestine,
le Cachemire, les conflits religieux), le SRAS,
le sida, le cancer, la vache folle, les problèmes
de gouvernance (Enron, Wordlcom, Arthur Anderson,
etc.), le conflit du bois-d’œuvre,
la forte augmentation des prix du pétrole
et la montée du dollar canadien.
L’environnement d’affaires
est plus concurrentiel et il est mondial. On assiste
à une montée fulgurante des économies
émergentes, notamment la Chine, l’Inde
et les pays en voie de développement. Leur
croissance est extrêmement rapide. Par exemple,
la Chine a connu une croissance de 9,1 % de son
PIB en 2003, avec un taux d’inflation de
1,2 %, un taux de chômage inexistant et
une moyenne nationale de salaire annuel de 890
$ US.
Ces pays exercent une pression
énorme à l’échelle
planétaire (et au Québec), notamment
sur l’industrie du textile, le secteur manufacturier,
les services de base (centres d’appels)
et la haute technologie. Le Québec a perdu
son caractère compétitif dans plusieurs
secteurs et il est pratiquement impossible de
compétitionner dans certains champs d’activité
face à la Chine où le salaire horaire
est de 0,45 $ et où la variation des taux
de change entraîne un effet négatif
important sur certains pays, dont le Canada. Par
ailleurs, l’accélération du
rythme de l’innovation commerciale et de
la technologique réduit le cycle et la
durée de vie des produits.
Pendant
ce temps, plusieurs pays industrialisés
s’organisent. Ainsi, les autres États
membres de l’OCDE, investissent massivement
dans la R&D, les infrastructures et l’aide
aux entreprises. Ils font, de plus, de la natalité
un enjeu électoral. C’est notamment
le cas en France et en Allemagne (Note
28).
Éléments
de réflexion
Dans ce contexte, les enjeux pour
notre société sont majeurs : Quel
avenir réserve-t-on à nos descendants?
Quel sera l’avenir de notre société
québécoise d’ici 25 ans ou
50 ans? Et celle du Canada? Pensez à la
richesse que constituent nos ressources naturelles.
Pensez à la plus grande richesse mondiale
que nous détenons : « L’eau
: miracle de la vie! ».
Serons-nous en mesure d’assurer
leur (notre) protection et d’en partager
les bienfaits? Comment réagir face à
l’intérêt massif des étrangers
pour nos sociétés et nos ressources?
Serons-nous en mesure d’assurer la sécurité
et la protection de notre territoire, sachant
qu’il y aura de moins en moins de fonds
disponibles pour les forces de l’ordre et
les forces armées et de moins en moins
de jeunes?
Toutes de belles questions de réflexion
qui devront être sur la planche à
dessin de nos gouvernements et de notre société
pour les prochaines années car il est indéniable
que cette gigantesque vague de fond est à
nos portes.
CONCLUSION
Nous avons voulu dresser, dans
cet article, un sommaire, le plus représentatif
qui soit, des principaux défis, des répercussions
et des enjeux qu’auront à faire face,
notamment, les entrepreneurs québécois
au cours des prochaines décennies, en raison
de l’importance du choc démographique
négatif qui s’annonce. Par effet
domino, on y constate que les prochaines années
seront porteurs d’un regain extraordinaire
d’activités dans les domaines suivants
: redressement d’entreprise, faillite et
insolvabilité (pour les secteurs et régions
qui en arracheront), et relève d’entreprise,
consolidation, financement et Fusions & Acquisitions
d’entreprises (pour plusieurs autres secteurs
et régions que nous avons identifiés
dans cet article). L’amélioration
de la productivité et de la performance
seront également deux facteurs porteurs
dans les prochaines décennies.
Somme toute, un tableau sombre
qui pointe à l’horizon. Pourtant,
à travers tous ces désastres, conflits,
problèmes, maladies et guerres constantes,
la vie et la nature humaine ont toujours su s’adapter,
s’accrocher et surmonter ces difficultés.
D’ailleurs qui aurait pu
prédire il y a 50 ans ce que serait le
visage de notre réalité quotidienne?
La population et ses leaders ont toujours su s’adapter
et agir en situation de crise. Il est fort à
parier que nous saurons faire face à ce
tsunami démographique qui est maintenant
à nos portes et nous sommes persuadés
que tous les efforts et ressources nécessaires
seront déployés pour maintenir notre
compétitivité, notre richesse, notre
culture, notre caractère distinct, notre
sécurité, notre bien-être
collectif et notre avenir et, qui plus est, celui
de nos enfants.
Maintenant plus conscients et éveillés
à ces nouveaux problèmes qui s’annoncent,
les entrepreneurs pourront se préparer,
s’entourer d’experts et de conseillers
et ils bénéficieront de meilleurs
chances de succès dans cette navigation
en eaux troubles et dans ces opportunités
qui s’offriront en matière, notamment,
de Fusions & Acquisitions d’entreprises.
Ainsi, ceux qui sauront adapter
leur processus de gestion, qui sauront réaliser
un véritable transfert de savoir-faire
et de pouvoir tout en procurant un sentiment d’appartenance
et un sens de travail à leurs employés,
ceux qui sauront marier dans l’entreprise
les différentes cultures qui s’imposeront
entre les personnes de souches québécoises
et les immigrants et ceux qui sauront comprendre
et trouver le juste équilibre entre les
baby-boomers, la génération X et
la génération Y seront parmi les
gagnants des prochaines années.
Mentionnons finalement que, dans
tout ce contexte, on constate néanmoins
un regain d’intérêt certain
pour la famille au Québec et à l’échelle
mondiale (du moins, dans le monde occidental)
chez la génération montante (génération
Y) où la convivialité, un niveau
de vie mieux balancé et la simplicité
de la vie sont des valeurs prisées.
Somme
toute, nous sommes convaincus et nous osons prédire
(et fortement recommander) que la NATALITÉ
deviendra l’un des enjeux majeurs des prochaines
élections fédérales et provinciales,
tout comme c’est présentement le
cas dans divers pays, notamment en Allemagne (Note
29) et au Japon (Note
30) et comme cela le deviendra sous
peu dans plusieurs autres pays, comme la Russie!
À notre avis, il ne peut en être
autrement et plus vite nos gouvernements déploieront
concrètement leurs efforts en ce sens,
plus vite nous pourrons avoir un plan stratégique
de société à long terme pour
aplanir ces difficultés.
Pour les acteurs en Fusions &
Acquisitions, de belles années qui s’annoncent!
Si vous voulez
en apprendre davantage sur les Fusions et Acquisitions
ne manquez pas notre séminaire de deux
jours intitulé «Transactions
d'achat-vente d'entreprise : recettes gagnantes
et boîte à outils», les
mercredi et jeudi, 26 et 27 octobre 2005, donné
au Centre de perfectionnement de HEC Montréal.
(Cliquez
ici pour plus d'informations)
Notes :
(1) Pour
en savoir plus sur cette réalité
démographique et les impacts qu'elle occasionnera
ainsi que pour les sources aux données
statistiques énoncées aux présentes,
nous vous invitons à consulter l'étude
exhaustive de Me Patrice Vachon publiée
sur le site de Heenan
Blaikie : www.heenanblaikie.com (retour
au paragraphe)
(2) Le basin des 15-65 ans. (retour
au paragraphe)
(3) Ce qui se fait actuellement est, à
notre avis et de l'avis de plusieurs intervenants,
nettement insuffisant pour s'ajuster à
cette réalité. (retour
au paragraphe)
(4) Les personnes nées entre 1946 et 1966.
(retour au paragraphe)
(5) Il faut toutefois noter que plusieurs d'entre
eux commenceront à prendre leur retraite
avant l'âge de 65 ans, celle-ci étant
donc imminente (2006 pour plusieurs). (retour
au paragraphe)
(6) 1 877 000 personnes à Montréal.
(retour au paragraphe)
(7) Les personnes âgées de 65 ans
et plus. 69% de la population constitue les personnes
actives (15-65 ans) et 18% constitue la tranche
des enfants (0-14). (retour
au paragraphe)
(8) Source : Population Reference Bureau. (retour
au paragraphe)
(9) Pourcentage de la population âgée
vs la population active. (retour
au paragraphe)
(10) Source : OCDE. (retour
au paragraphe)
(11) Nombre moyen d'enfants par femme. (retour
au paragraphe)
(12) En 1961, l'âge moyen de la mère
au premier enfant était de 24,4 ans alors
qu'il atteignait 26,8 ans en 1999 (Source : «Démographie
et famille : avoir des enfants, un choix à
soutenir»; Conseil de la famille et
de l'enfance (Québec), 2002, p. 26. (retour
au paragraphe)
(13) Source : Population Reference Bureau. (retour
au paragraphe)
|