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Le contenant et le contenu d’un contrat
Il existe toutes sortes de perceptions
sur ce qu’est un contrat. Pour les juristes, il s’agit
d’un moyen de preuve fort utile, tandis que pour les gens
d’affaires, il s’agit plutôt d’un véhicule
pour réaliser une opération commerciale. Pour
certains, c’est un mal nécessaire, pour d’autres,
c’est un pauvre substitut pour une poignée de mains!
Quelques soient nos perceptions, une chose semble faire l’unanimité,
c’est qu’il s’agit d’un produit plutôt
complexe, que peu de gens aiment manipuler.
Cette problématique provient d’un
ensemble de facteurs, dont notamment l’absence d’une
norme de présentation universelle, qui permettrait au
lecteur d’un contrat de mieux naviguer à l’intérieur
d’un écrit aussi technique. En effet, il faut s’étonner
devant le fait qu’il existe autant de manières
de présenter un contrat qu’il existe de rédacteurs!
Du point de vue du consommateur d’un tel produit (les
gens d’affaires), cela n’a parfois rien de rassurant.
En effet, comment se fait-il qu’un même contrat
puisse connaître tellement de variations au niveau de
sa présentation? Quel sens faut-il donner à ses
nombreuses variations?
Dans un monde où la complexité
des transactions ne fait que s’accentuer, ne faut-il pas
chercher à faire du contrat, un moyen de communication
plus performant pour nous aider à mieux gérer
cette complexité?
Vu sous l’angle de la gestion d’information,
il semble de plus en plus évident qu’une certaine
méthodologie doit voir le jour, pour nous permettre de
mieux gérer, dans un processus de production d’un
contrat, la surabondance d’information qui accable non
seulement le rédacteur du contrat, mais aussi les gens
d’affaires appelés à le signer. En effet,
il ne faut pas perdre de vue, qu’un contrat devient de
plus en plus un ouvrage multidisciplinaire, en raison de son
contenu non seulement juridique, mais aussi technique et financier.
Pour nous guider dans une telle démarche,
il faut comprendre qu’il existe deux composantes majeures
à un contrat:
son contenu (le fond);
et
son contenant (la forme).
En ce qui concerne le contenu, il est
à peu près impossible de normaliser celui-ci à
un haut niveau, puisqu’il varie trop d’une transaction
à une autre. Quant au contenant, la situation est toute
autre, car il est possible, à l’instar des états
financiers d’une entreprise, de normaliser sa présentation,
de façon à créer des postes d’information
universels, dont le contenu variera certes, mais pas leur emplacement
au sein de ce type de document. Ce faisant, on crée un
ensemble de repères, très utiles pour tous les
intervenants au processus de production d’un tel écrit,
qui contribuera à enrichir son contenu de façon
très matérielle, en permettant à tous les
intervenants d’être sur la même fréquence
tout au long du processus.
Pour se convaincre de l’importance
de cette composante d’un contrat, il faut savoir que le
juriste, qui impose son contenant dans un processus de négociation
et de rédaction, se confère, en l’absence
d’une norme universelle de présentation, un atout
important puisqu’il jouit ainsi de l’avantage du
terrain tout au long de ce processus. Son opposé doit
alors investir beaucoup de temps à l’assimilation
du contenu, pour se mettre au même diapason que le rédacteur,
avant même de pouvoir entamer une négociation intelligente.
À ce propos, il n’est pas faux de prétendre
qu’environ 30% du temps d’analyse d’un contrat
sera dédié à l’assimilation du contenant,
plutôt que du contenu. Cet investissement de temps ne
contribue aucune valeur ajoutée au processus. Au contraire,
si le contenant s’avère le moindrement tortueux,
comme c’est souvent le cas, il en résultera une
mauvaise compréhension du texte et subséquemment
une négociation plus ardue entre les parties avec les
résultats incertains qu’engendrent ce type de négociation.
En résumé, bien que l’absence
d’une norme de présentation, ou si l’on préfère,
de communication, n’empêche pas les transactions
de voir le jour, il convient de s’interroger sur les mérites
d’un statu quo en la matière, puisqu’il nous
semble plus que douteux que cette absence permette aux différents
intervenants impliqués, de produire une entente commerciale
à la hauteur de leurs compétences.
Nous aborderons dans notre prochaine chronique,
une piste pour solutionner cette problématique.
Vous pouvez rejoindre Me
Gilles Thibault à gthibault@edilex.com
ou par téléphone au 450 682-5645 ou
au numéro sans frais au 1 877-745-5410, poste 232

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