CONVENTION
ENTRE ACTIONNAIRES
La
définition de l'invalidité
Lorsqu'une PME québécoise, appartenant à
plus d'une personne, choisit la compagnie ou la société
par actions comme véhicule juridique pour ses activités
commerciales, les personnes qui se partagent le contrôle
de cette entreprise font souvent appel à une convention
entre actionnaires pour protéger leurs intérêts
au sein de celle-ci.
Parmi les différents problèmes à résoudre
au sein d'une telle convention, se trouve celui de l'invalidité
éventuelle d'un actionnaire-employé, qui suscite
une double problématique pour l'entreprise et ses co-actionnaires,
à savoir la couverture des besoins financiers de ce dernier,
pendant la période d'invalidité, et son éventuel
désintéressement dans l'éventualité
où il ne peut plus reprendre du service.
Pour résoudre cette double problématique, l'entreprise
et ses actionnaires optent souvent, au moment de la conclusion
de la convention entre actionnaires, de souscrire à des
polices d'assurance permettant à l'entreprise de verser
l'indemnité salariale qui aura été convenue
dans la convention et, le cas échéant, de racheter
les actions de l'actionnaire frappé d'une invalidité
permanente au montant convenu au sein de celle-ci. Ce faisant,
l'entreprise s'assure d'avoir les moyens de respecter les engagements
pris dans la convention en temps opportun.
Le bon fonctionnement de cette solution requiert cependant
un bon appariement entre l'engagement financier et la disponibilité
des fonds requis, ce qui n'est pas toujours le cas. En effet,
certaines conventions, lorsqu'elles définissent l'invalidité,
adoptent une définition qui diffère parfois de
celle contenue au sein de la police d'assurance. Résultante
: l'entreprise se trouve parfois engagée à payer
une somme d'argent sans en avoir les moyens financiers, puisque
la définition de la convention s'avère plus large
que celle de la police d'assurance.
Pour éviter un tel dénouement, il faut prévoir
une définition du mot «invalidité»
au sein de la convention, qui réfère d'abord à
celle apparaissant dans la police d'assurance et, par défaut,
à celle que les parties jugent la plus appropriée.
Ce faisant, on assure le meilleur appariement possible entre
l'engagement financier et la disponibilité des fonds,
lorsque survient un engagement résultant d'une invalidité.
La définition subsidiarie ne pourra donc s'appliquer
qu'en l'absence d'une telle police.
Voici un exemple du genre de définition du mot «invalidité»,
que nous recommandons à cette fin :
désigne l'invalidité telle que définie
dans la police d'assurance-salaire / invalidité identifiée
à l'annexe «...» de la Convention ou, à
défaut, tout état physique ou mental qui n'est
pas attribuable à un comportement fautif de la part
de l'Actionnaire-employé, à la suite duquel
celui-ci devient incapable d'accomplir les tâches rattachées
à sa fonction dans l'entreprise. Il est entendu qu'une
telle incapacité doit être corroborrée
par un certificat médical émis par un médecin
choisi par ......, attestant du fait que l'actionnaire-employé
visé n'est plus en mesure de s'acquitter des tâches
qui lui sont dévolues au sein de l'entreprise. Le certificat
ainsi émis constitue une preuve incontestable de l'invalidité
de cet Actionnaire-employé aux fins de la Convention.