Septembre
2002
Vente
d'entreprise
Le 13 juin 2002, l'Assemblée Nationale a adopté
le projet de loi 50 (2002, chapitre 19), intitulé Loi
modifiant le code civil et d'autres dispositions législatives.
Parmi les modifications adoptées, se trouve l'abrogation
des articles 1764 et 1767 à 1778 du Code civil du
Québec, traitant de la vente d'entreprise et des
formalités à respecter dans ce genre d'opération.
Cette loi est entrée en vigueur immédiatement,
ce qui veut dire qu'il est désormais beaucoup plus facile
d'acquérir la totalité ou une partie substantielle
des actifs d'une entreprise, puisque le régime de protection
des créanciers de l'entreprise-cédante, prévu
dans le Code civil du Québec, n'existe plus.
Cette réforme, bien que souhaitable, se veut plutôt
radicale, en ce qu'elle ne constitue pas un simple allégement
de l'obligation d'un éventuel acquéreur de veiller,
à même le produit de la vente, au paiement des
créanciers de l'entreprise-cédante, mais bien
une abolition totale de cette obligation.
Cette nouvelle orientation du législateur aura un double
impact dans le monde des contrats. D'une part, le contrat de
vente d'actifs ou d'entreprise sera simplifié du fait
du retranchement des clauses se rapportant au régime
de protection des créanciers. Dorénavant, l'acquéreur
n'aura plus l'obligation de s'assurer que les biens vendus soient
libres de tout lien en faveur de tiers, pour éviter le
double paiement de certains biens acquis. En revanche, il faut
s'attendre à ce que le régime juridique du crédit
à la clientèle évolue dans le sens d'un
plus grand déploiement d'instruments contractuels visant
à protéger autrement les fournisseurs de biens
et de services contre les abus que l'abolition de ces mesures
de protection pourra désormais engendrer.
Nous traiterons des changements contractuels à anticiper
dans une prochaine chronique.